Table des matières

  1. Introduction
  2. Expérience personnelle
  3. Technique de tournage
  4. Outils et accessoires
  5. Les différentes étapes d’un plat en érable
  6. Particularités du bois
  7. Aujourd’hui, une formation de tourneur
  8. Présentation de quelques tourneurs de suisse romande
  9. La survie des artisans suisses / rôle de l’artisanat face à l’industrie
  10. Conclusion
  11. Bibliographie et annexes

 

2. Expérience personnelle 

Cela fait environ deux ans que j’ai allumé un tour pour la première fois. Mes premiers exercices restaient rudimentaires, en grattage. Très vite je me suis intéressé et j’ai voulu me perfectionner. Pendant une année j’ai continué à m’exercer tranquillement en faisant de petites pièces entre pointes.

Un jour mon patron m’a proposé de participer à un séminaire d’une journée où un tourneur et conférencier québécois, André Martel, allait nous faire découvrir son art et ses techniques. Ce jour-là j’ai été frappé par le nombre de jeunes présents : un seul ! Pendant la présentation je me suis dit : il me faut de nouveau outils, un mandrin, etc. si je veux continuer de façon professionnelle. C’est depuis ce jour que le tournage me passionne.

En achetant mes premiers outils j’ai fait la connaissance de François Prudhomme qui était à 50% cuisinier et 50% tourneur et commerçant d’outillage spécialisé. Nous avons très vite sympathisé et depuis il me donne des conseils pratiques et m’aide dans l’apprentissage et le développement de mon tournage.

Pendant l’été 2000, les journées mondiales du tournage ont eu lieu à Puys-St-Martin (France). C’était le 1er congrès réunissant des tourneurs professionnels et amateurs des quatre coins du globe. Je crois que c’était pendant ce congrès que je me suis aperçu que le tournage était plus qu’un hobby, mais peut-être ma future profession.

Il y a autant de techniques de tournage que de tourneurs professionnels. Les bases sont les mêmes mais chacun développe de nouveaux outils, de nouvelles techniques de travail ou d’affûtage, etc.

En cette fin d’année 2000 j’ai enfin trouvé un tour et un endroit pour travailler. Maintenant je peux consacrer plus de temps au tournage !

Je tourne le soir en rentrant du travail ainsi que le week-end. Souvent, les pièces que je réalise sont des idées reprises, adaptées à mon outillage. Je pense que personne n’invente de nouvelles pièces car le tournage est très vieux. Le seul changement est la technique de travail qui évolue en fonction des nouveaux outils inventés.

 

Mon environnent de travail.

Que coûte le tournage ? Voici un exemple du matériel que j’ai acheté :

- tour d’occasion1000.-
- mandrin650.-
- 6 gouges et plane320.-
- crochet de creusage et racloir coudé170.-
- touret d’affûtage + lime220.-
- manches / compas d’épaisseur100.-
- toile abrasive (ponçage)200.-
- huile, vernis, cire, colle + divers150.-
- bois en planches (1/2 m3)400.-
- bois vert (1 m3)40.-

Je pense que je suis assez bien équipé en tant qu’amateur. Les gouges durent environs 3 ans (selon mon affûtage). Le tour n’a pas beaucoup d’autres frais, mis à part les roulements à changer, tous les 5 ans environ. Il est vrai que le tournage coûte assez cher, en particulier l’investissement de base.